jeudi 15 janvier 2015

How I met your mother (Série complète)



How I met your mother
Attention, spoilers dans cet article ! 


How I Met Your Mother (littéralement « Comment j’ai rencontré votre mère ») ou Comment je l'ai rencontrée est une série télévisée américaine en 208 épisodes de 22 minutes créée par Carter Bays et Craig Thomas et diffusée entre le 19 septembre 2005 et le 31 mars 2014 sur la chaîne CBS.
Avec 
Josh Radnor
Jason Segel
Alyson Hannigan
Neil Patrick Harris
Cobie Smulders


La série met en scène Ted, dont on ne connaît pas l'âge, en 2030.
Ses deux enfants, ados, subissent son interminable narration de sa propre vie, entre digressions et aventures, afin d'arriver à apprendre comment leur père a rencontré leur mère.

Cela commence en 2005.
Ted, jeune architecte, vit avec ses deux meilleurs amis de fac, Marshall et Lily, qui sont en couple. Il termine ses études d'avocat, elle est prof en maternelle.
Ils fréquentent un queutard incorrigible et mythomane, womanizer fier et sans pitié, Barney Stinson.
Ted rencontre au premier épisode une jeune femme dont il tombe immédiatement amoureux, une journaliste canadienne, Robin.


On suit donc les péripéties amoureuses de Ted, et les aventures quotidiennes de la bande d'amis.

La série a connu un franc succès à ses débuts, bien que très rapidement, on lui ait reproché son épouvantable similarité avec Friends.
En effet, les clichés des jeunes New-Yorkais riches et sans soucis, un Ted peu sûr de lui et angoissé comme un Ross, une Robin sûre et un peu fière comme une Rachel, un Marshall à l'humour douteux comme un Chandler, une Lily obsessionnelle et control freak comme une Monica, et un Barney obsédé comme un Joey, ça ne présageait rien de bon.

On pourrait objecter qu'il manque le personnage dingue de Phoebe. Malheureusement les inventions délirantes de Barney suffisent à le faire endosser ce même rôle également.

Moi-même je me sens partagée sur cette critique.
On regarde une sitcom, quoi. Faut pas TROP en demander. Faut pas s'attendre à des trésors de créativité. La plupart du temps, j'ai bien vécu ces similitudes.
Mais par contre, certains épisodes sont LES MËMES. Oui, les mêmes. Mêmes vannes, mêmes situations. Là, je bug un peu.

Passons sur ce léger agacement ponctuel, et parlons plus de la série.

Malgré un début que j'ai trouvé assez mou (le personnage de Ted est tellement neuneu qu'on a envie de le gifler), on s'attache vite et on se laisse prendre au jeu.
Les délires de Barney sont la majeure raison de mon plaisir à regarder cette série.
Fou à lier en même temps que d'une classe absolue, il représente à la perfection le fantasme d'une génération de trentenaires, gamins dans leur têtes, pervers aussi, et pour qui la vie se résume à Star Wars et à du porno.

Mais il n'y a pas que ça.
Les personnages de Marshall et Lily sont vraiment trop mignons. Trash mais pleins de tendresses, amoureux envers et contre tout, ils sont loin des clichés chic et trop lisses des comédies habituelles, et on se prend à leur envier cette relation parfois gnan-gnan mais tellement bien ancrée dans le qotidien.
Marshall et Lily, c'est le couple dont on rêve tous. Complices et amoureux, même au pieu.

Les guest-stars sont trop rares mais vraiment cool, il y a pas mal de petites références marrantes, bref, on est sur une sitcom de qualité.
Une mention très spéciale à Kyle MacLachlan, (que je n'arriverai jamais à voir sans penser à Dune, ce qui rend son personnage encore plus comique), dans le rôle du Captain, un riche original collectionneur de tableaux, qui emploie Lily pendant plusieurs saisons.

Bref, dans l'absolu, How I met your Mother est une série qui m'a plu...
Jusqu'à la fin.


Comme beaucoup d'autres fans, j'ai détesté.

Ca fait 9 saisons

9 putains de saisons qu'on attend, frémissants, LA RENCONTRE.
La dernière saison se déroulant pendant le mariage de Robin et Barney, on espère que Ted aura tourné la page, et qu'il va enfin se sentir prêt à aimer quelqu'un d'autre.

QUE DALLE !!


L'épisode unique réservé à "la mère" est aussi nul que pathétique.
Trop court, torché, il fait mal au coeur.
Elle a une histoire tendre et triste, on aimerait en savoir plus, mais non, pas le temps, il faut revenir sur Ted, en train de pleurnicher parce que Robin se marie. La grande majorité de la saison est consacrée à ses dernières tentatives de la récupérer, aux doutes, aux hésitations.

Puis bon, voilà, elle se marie, donc bon bah il rencontre sa femme.
Déjà, on a vraiment l'impression qu'il se colle avec elle par dépit.

Il nous explique pendant une demi-seconde que non vraiment, c'est vraiment elle l'amour de sa vie, bon voilà elle était merveilleuse, dommage, elle était malade, elle est morte, au revoir.

Bam, dans votre face.

Du coup, la série est finie ? avec cette fin triste ?
ON AURAIT PREFERE, PUTAIN.


Parce que les scénaristes devaient se sentir un peu merdeux de nous avoir fait lanterner 9 saisons pour ça. Ils se sont dit attendez les mecs faut que ça finisse bien !
Et là y'en a un qui a relevé son visage de son saladier de coke en gueulant "J'ai l'idée du siècle !!" et personne ne l'a contredit. 


Episode torché en 22 minutes :
Ted est marié, sa femme meurt, mince c'est con,
Mais en fait il se retrouve avec tous ses amis et en fait Robin et Barney ça marchait pas du tout, donc bah voilà hein ils ont divorcé mais t'en fais pas y'a pas de blème ils sont trop potes, haha, c'est cool non ? Et puis en plus Barney a sauté la meuf de trop, voilà il est papa, t'inquiète il est super heureux, donc pas de malaise.
Les enfants de Ted, en mode "Allez tak tak tranquille c'est super que tu nous aies raconté comment t'as rencontré Maman la femme de ta vie, bon là elle est morte, pourquoi tu te tapes pas Robin?"
Et Ted, au lieu de réagir comme une personne normale :
"Petits merdeux !! Je viens de passer 9 ans à vous raconter comment j'ai rencontré votre mère, la lune de mes nuits, la lumière de mes jours, je l'aimais, et vous m'encouragez à sauter la nana qui m'a jeté 865 fois durant mon récit et qui m'a dit autant de fois qu'elle m'aimait pas ?? Filez dans votre chambre putain de petits ingrats".

BAH NON HEIN.
Ted il va chez Robin. Et pi Robin elle est trop contente de le retrouver hein (alors que ça fait 3 épisodes que Lily se plaint qu'ils ne se voient plus jamais entre potes).
ET PI BOUM TAKTAK ILS SONT ENSEMBLE GENRE T'AS REGARDE CETTE SERIE PENDANT 9 ANS ET CA AURAIT DU ETRE LE DENOUEMENT DU PUTAIN DE 1E EPISODE.

Je sais pas vous, mais moi j'ai fini cet épisode avec écoeurement.
Tout ça pour ça.
On se sent horriblement trahis en tant que fans, parce que justement on se demandait tous comment Ted allait rencontrer LA nana qui lui ferait oublier Robin.
Et en gros, bah il l'a jamais rencontrée. Il a rencontré une nana comme ça, elle lui a fait 2 gosses hein, mais bon rien à foutre back to basics, vive la fête.

Une saison complète à découvrir, petit à petit, ce nouveau personnage attachant, mignon, dont on se disait que vraiment ça serait chou de voir enfin Ted avec.

Je vous dis pas l'arnaque.
Et mater les scènes coupées, qui ne sont que des tentatives foireuses de justifications, n'aide absolument pas.

J'ai déjà été déçue par des séries, ça oui.
Mais déçue au dernier épisode, j'avoue que ça secoue le cocotier.

Bilan :
Une série qui tient la route, avec des personnages délirants.
Bien que les performances de Neil Patrick Harris fassent un peu d'ombre aux autres acteurs, ils sont tous drôles et attachants.
J'aurais mis à la série un bon gros 7/10 pour son côté sympa et fun comme une sitcom qui vide bien la tête après le boulot.
Mais un tel choc de fin m'empêche de noter l'impression globale... Donc pas de note.




dimanche 3 août 2014

Lords of Salem (2013)


Lords of Salem, 2013.
Un film de Rob Zombie, avec Sheri Moon Zombie dans le rôle principal.
Horreur/fantastique.

Heidi est la dj-star d'une radio metal locale de la célèbre ville de Salem.
Avec ses deux acolytes, elle passe des disques expérimentaux et vit une vie décalée, entre joyeuse picole et promenades avec son chien dans la lumière morne de ce triste bled.

Un jour, elle reçoit le vinyle du mystérieux groupe "Lords of Salem". Au son de cette étrange litanie, le cauchemar commence. La malédiction vengeresse des sorcières est en marche.

Pour commencer, il faut connaître le cinéma de Rob Zombie.
D'ordinaire trash et jubilatoire, il a revu les classiques "Halloween" en en faisant des remakes honorables et sanglants. Il a réalisé ses propres créations "La maison des 1000 morts" et "The Devil's Reject", slashers délirants proches de "Massacre à la Tronçonneuse". Il a créé le dessin animé "El Superbeasto", mettant en scène un Luchador dément.
Bref, dans ses films précédents, on trouve un cocktail de violence et de second degré qui promettent une grosse marrade, pour peu que l'on soit fan de Tarantino et Rodriguez, ou de toute production mêlant sang et jolies femelles en jeans trop serrés.

Lords Of Salem tranche beaucoup avec ses films précédents.
Plus lent, plus calme, plus profond, ce film s'inscrit plus dans l'angoisse que dans l'horreur.
Bien sûr, les scènes flashback de tortures et de sabbats de sorcières sont crues et brutes, bien sûr, ça saigne et ça agresse visuellement. J'en profite pour noter que ce n'est pas souvent que l'on filme avec une telle crudité le corps des femmes, et cela m'a plu. Oui, ces sorcières sont vieilles et décharnées, et oui, elles sont nues. Beaucoup de spectateurs s'en sont plaints, mais en ce qui me concerne, j'ai apprécié de voir enfin un peu de réalisme, et que les corps ne soient pas doublés. Bah oui, un sabbat de sorcières, c'est pas un défilé Victoria's Secret, les mecs.

Malgré pas mal de sang (faut pas déconner), je ne retire pas de ce film une impression de violence. L'action principale se base sur la psychologie du personnage de Heidi, qui se sent comme envoûtée par la musique étrange qu'elle entend de plus en plus, même dans sa tête. Folie ou sorcellerie, schyzophrénie ou malédiction...

Salem, ville tristement connue pour la violence de ses chasses aux sorcières, est au coeur du film. A la fois triste comme un documentaire sur Liverpool, et flippante comme une colline (qui aurait des yeux), ses murs tristes, sa culture kitsch entre humour assumant les sorcières et puritanisme déguisé, plombent l'ambiance grisâtre comme un dimanche matin de Novembre.

Jusqu'à une apothéose plus saturée qu'un clip de Manson à ses débuts, on alterne des palettes de blanc et noir, de rouge et vert. La photographie est superbe. Une avalanche de symboles chrétiens et païens s'entremêlent à chaque coin d'image, à vous de reconstituer votre collection. Les références pleuvent.

Les acteurs sont justes. Sheri Moon Zombie monte un personnage intéressant de jeune femme un peu paumée, un peu nihiliste, fragile et en proie au doute. On est loin de la cinglée sadique qu'elle a incarné déjà de nombreuses fois. Ses collègues sont sympathiques et bourrus, les vioques de la ville sont parfaites, méchantes et mégères, hypocrites comme votre pire voisine.

Evidemment, la bande-son est parfaite, lourde et agressive, obsédante comme un mantra.
Rob Zombie sait s'entourer, et John5 prouve avec brio que leur association était destinée au meilleur.

Ce film est sans doute le plus lent et le plus contemplatif des réalisations de Rob Zombie. Ici, il a remisé au placard les codes des slashers rednecks, et semble prendre un réel plaisir à filmer de l'expérimental pur, de l'image pour l'image.
Certains se sentiront sans doute hermétiques à l'esthétisme léché de ce long clip de 103 minutes.
D'autres aimeront ces images puissantes, se griseront de cet univers baroque sous acide.








Conclusion : 8/10

J'ai aimé, mais je ne peux vous donner de raison objective. J'ai aimé les scènes vertes, les scènes rouges, le pull à rayures de Heidi, les paysages trop blancs, la station de radio pourrie, les potes plus vrais que nature. J'ai aimé ce film parce qu'il est rock'n'roll, bien plus que pour son pitch de base, finalement.

Je comprends pourquoi Lords of Salem n'a pas tellement affolé la critique ni le public :
à déconseiller pour une soirée Halloween, contre toute attente, ce Rob Zombie n'est pas un film "marrant".
Je vous encouragerais plutôt à le regarder lumières éteintes, enroulés dans une couverture un soir d'hiver, avec un bon gin.


mardi 8 juillet 2014

Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch (2014)


Only Lovers Left Alive

 De Jim Jarmusch, avec Tilda Swinton et Tom Hiddleston.





Eve vit à Tanger, dans les petites rues de la vieille ville. Elle accumule les livres en toutes langues, s'habille de blanc, et cultive un style 70's suranné. Elle semble évoluer dans une ambiance lourde d'encens, de patchouli et de philosophie hippie. Elle danse au ralenti dans sa chambre à baldaquin, entre voilages et tapisseries.

Adam vit à Detroit, dans un manoir abandonné. Il y stocke des monceaux d'instruments de musique de toutes époques, compose un rock psychédélique et cultive sa dépression d'artiste maudit. Il traîne en peignoir de velours, ne trouvant un plaisir éphémère qu'à l'achat de chaque nouvelle guitare de luxe. Blasé par la vanité humaine, Adam rêve parfois de mourir.

Tous deux vivent dans le noir, rideaux fermés. Adam et Eve sont des vampires.
Elle se procure du sang en douce dans un bar du souk, il soudoie le personnel hospitalier.
Ils s'aiment à distance, et vivent une vie trop longue et trop lente, depuis tant de siècles.

Quand ils se retrouvent enfin, Eve craignant les pulsions suicidaires d'Adam, ils vivent un court moment d'harmonie parfaite avant d'avoir à gérer l'impulsive et puérile soeur d'Eve, Ava.



Only Lovers Left Alive est un film lent et lourd. 123 minutes d'images sombres, peu de dialogue et peu d'action. Les fans de Blade et de Underworld risquent d'être perturbés par ce film d'esthètes, délicat et dépressif comme une vie de 500 ans.

Soyons clairs : c'est un film où il ne se passe rien.

On suit deux chemins croisés, entrelacés amoureusement, avec anxiété, profondeur, humour même, on laisse le son des guitares s'enrouler autour d'une photographie parfaite, on est subjugué par l'intensité et la bizarrerie naturelle de Tilda Swinton et la fragilité à fleur de peau de Tom Hiddleston.
On se laisse toucher par la vision désespérée de ces surhumains, voyant les crises et les guerres détruire petit à petit l'oeuvre humaine, voyant au cours des siècles de grands scientifiques décriés, oubliés, assistant impuissants à la décadence infinie des sociétés successives.
Tanger sombre et riche, Detroit dévasté et squelettique, les villes collent à la peau des personnages.

La musique, pesante et complexe, alanguit encore l'image poudrée, alourdie comme une fumerie d'opium. Une excellente bande-son signée du groupe Sqürl et du luthiste hollandais Jozef Van Wissem.






Ce film montre la "réalité" des vampires sans doute bien plus que les films d'action du genre. En effet, quel plaisir aurait-on à vivre éternellement ? Là où Eve en profite pour toujours lire, se délecter de poésie ou de romans, Adam se désespère d'une humanité si cruelle qu'elle est capable de détruire un homme avant de l'encenser pendant des siècles. La scène où il montre l'Opéra de Detroit, ravagé par les années, et transformé en parking, est poignante.


Note finale : 10/10
Un film magnifique, très riche de sens si l'on arrive à passer outre le rythme extrêmement lent.
Je le comparerais à "Lords of Salem" de Rob Zombie, pour l'ambiance poussiéreuse d'un dimanche de Novembre et pour la bande-son décalée, obsessionnelle et perturbante.

Un film-ovni que tout amoureux des vampires se doit de voir, avec un bon cigare et un verre de whisky hors d'âge.



mardi 20 mai 2014

Nina Satana



Amsterdam. Nina, fille d'avocat, se fait appeler Nina Satana et conjugue au pluriel tous les clichés de l'adolescente gothique, du décor de se chambre ultra-morbide aux multiples piercings et bagues à griffe. Elle doit posséder l'intégralité des vinyles de Manson et du catalogue X-Trax.

Au lycée, elle se fait régulièrement insulter par ses camarades, mais elle s'en fout.
Nina, adepte de Satan, vit dans sa bulle de dentelle noire.

L'arrivée de Mohammed, camarade marocain, va perturber son quotidien.
Amoureuse au premier regard, elle va séduire ce garçon malgré leurs origines et cultures diamétralement opposées.

Ce joli court-métrage peut se voir sur plusieurs niveaux.
Le scénario n'est pas des plus originaux, on pourrait même dire tout de suite qu'il est faiblard : une riche excentrique, un banlieusard musulman, choc des cultures, mais l'amour est le plus fort.
Bon. Ben regardons, hein.

Et là, étonnement : on se surprend à apprécier.

Les personnages sont justes et bien joués, avec une sensibilité adolescente bien retranscrite.
Nina, en gothique blasée, mais désirant plus que tout un élan bouleversant son quotidien.
Mohammed, en jeune homme sensible, tiraillé entre l'amour qu'il porte à sa famille et à sa culture, et ses envies de nouveauté, d'évasion.
Les deux touchent juste. Peut-être un peu trop facilement, mais ça passe.

Les personnages secondaires sont très réussis : le tatoueur légèrement pervers qui ne dirait pas non à une minette de 16 ans, le père dépassé par sa fille qu'il ne comprend plus, mais aussi la famille musulmane avec la mère polie et gênée devant les considérations plutôt rétrogrades de son mari, traditionaliste sans être ridicule. Tous ces acteurs endossent un rôle complètement cliché, mais le déclinent avec délicatesse et en sortent le meilleur.

A la limite, le seul qui m'a un peu fait grincer des dents est le prof trop cool, acceptant les dérives du look de Nina, l'agressivité entre élèves, pardonnant tout, comprenant tout, pédagogue et sympa jusqu'au bout des ongles. Personnellement je n'en ai pas connu des comme ça, mais comme je ne connais pas le système scolaire néerlandais, je ne vais pas trop m'énerver, peut-être qu'ils sont moins coincés qu'en province Française ;)


Niveau image, c'est parfois un peu amateur, avec des scènes bien "cramées" et des mouvements de caméra parfois hasardeux, mais en général, on a une jolie photographie. J'ai apprécié les scènes chez le disquaire, beaux contrastes (so dark) et belles couleurs.
Niveau bande-son, une majorité de Manson. Cela peut faire sourire, mais en somme, ça correspond assez bien à une lycéenne, donc... pourquoi pas.

Au final, donc, si on passe le côté mièvre du scénario, on a une jolie tranche de vie, bien interprétée, qui évite de tomber dans le glauque façon "zone interdite", et qui évite le mélodrame.


Note finale : 7/10
Je ne suis pas adepte des films d'amour (qui finissent bien), mais j'ai trouvé ce court métrage sympathique. Les acteurs sont sincères et l'image est jolie. Un épisode du lycée façon "la Boum", Manson en plus. Les anciens goth apprécieront, la larme à l'oeil, faisant couler leur rimmel.

samedi 17 mai 2014

My Name is Bruce (2007)


My Name is Bruce, 2007, de et avec Bruce Campbell.

Comédie d'horreur.
Bruce Campbell, acteur de seconde zone, ex-star de la série l'Armée des Ténèbres (Evil Dead), est sur le déclin et ne tourne que dans des productions minables de série B fantastique. Divorcé, alcoolique et mégalomane, il vit dans une caravane.
Un jeune fan qui par mégarde a réveillé le fantôme du dieu Chinois Quand Gi, dieu de la guerre, de la destruction et du tofu, kidnappe Bruce en croyant à tort que celui-ci, fort et courageux comme son personnage de Ash, pourra sauver le village.

Arrivés chez les rednecks, Bruce croit à une blague de son producteur et accepte de combattre le démon.

Si le pitch vous fait lever le sourcil, c'est que vous n'êtes pas familier du personnage.
Ami de longue date de Sam Raimi, Bruce Campbell a surtout été illustré dans la célèbre série Evil Dead. Depuis cette bombe des années 80 (1981 pour le premier, 1993 pour le dernier), il a joué dans de nombreux nanards (Maniac Cop, Alien Apocalypse), et peu de gens retiennent ses autres rôles dans de bons films (Los Angeles 2013, Congo...). Plein d'humour, il accepte facilement les petits rôles souvent second degré, et on a pu le voir dans X-Files ou Xena la guerrière, et dans quasiment tous les films de Sam Raimi en cameo. Cherchez dans les Spiderman...
Il joue également dans de nombreuses productions indépendantes, prêtant son image avec plaisir, comme dans The Woods, petit film d'horreur de 2005 où il joue un second rôle très honnête et bourré de clins d'oeil.

Bref, je m'étends sur la carrière de l'acteur pour mieux illustrer le personnage : décalé, parodique, et répandant le sang avec bonne humeur.

C'est sans aucun doute pour crier son amour au cinéma B, que Campbell a lui-même réalisé ce film, se mettant en scène comme un raté acariâtre et prétentieux, pervers et égoïste.
Il en profite pour en faire des tonnes : entre les références à ses films passés, les faux films inventés juste pour celui-là, et les blagues accumulées sur Raimi ou Evil Dead, les fans en ont pour leur argent. Les néophytes seront sans doute décontenancés par l'ambiance et les blagues, mais pourront vite se rattrapper avec un humour bien sanglant.
On retrouve dans ce film tous les codes des "hommages culturels" devenus à la mode : la culture geek dans "Paul", la culture rock dans "Good Morning England", les hommages à eux-mêmes entre réalisateurs dans les co-production Tarantino et Rodriguez...
On dépasse la private joke avec des vannes et des situations somme toute faciles, et ça donne un divertissement certes peu élévateur, mais cathartique et surtout très drôle.

Comment Bruce le minable pourra-t-il vaincre un démon séculaire et haineux ? Ca je vous laisse le découvrir...

Note finale : 10/10
Ce genre de film ne convient qu'à deux publics : le très bon public, d'une part, et les initiés, d'autre part. Car voir des rednecks se faire décapiter dans des gerbes de sang trop rouge, sur un air de country, et les mimiques de Bruce agrippant le cul de toute femelle croisant son passage, ne peuvent qu'amuser des gens qui ont le rire facile, ou des fans de la première heure.

Appartenant, je l'avoue, aux deux catégories, ce film aux allures de sitcom des années 90 est rangé sur mon étagère "cultissime et à faire voir aux copains d'urgence".

jeudi 15 mai 2014

Dragon Ball Evolution (2009)






Les fans de Dragon Ball auront sans doute déjà vu la ravissante adaptation-sans licence- thaïlandaise des années 90, et souri devant ses effets cheap, ses costumes kitsch, ses persos habillés de satin brillant. Auront-ils aimé, ou hurlé à la mort devant tant de paillettes ?
Ca se discute.
Mais ce film un peu pauvre, gentiment naze, au délicates senteurs de plastique et d'encens bon marché, se révèle être un chef-d'oeuvre de sincérité et de fidélité à l'oeuvre originale, quand on compare au désastreux "Dragon Ball Evolution" de James Wong.

Dès la première scène, on est mortifié. L'enfant-singe goinfre et naïf est transformé en pseudo Peter Parker, ado complexé (?) gentiment brutalisé par les branleurs à grosses voitures clinquantes (??) de son lycée (???).
Heureusement, la gentille ChiChi, gosse de riche (?) habillée à la dernière mode de HongKong, l'invite à une super teuf (??) dans son magnifique manoir hollywoodien avec piscine (???).
On sait déjà, après les 5 premières minutes, qu'on va souffrir. On imagine pas à quel point.


Petit inventaire d'une catastrophe annoncée :

-Un Son Goku parfaitement insipide, dont le jeu le plus intense consiste en un froncement de sourcils permanent.
-Une Bulma aux allures de putes cheap, vaguement inspirée de Tank Girl, à laquelle on a quand même ajouté une ridicule extension de cheveux bleus (Claire's, 5,80$) pour plaire aux fans (raté).
-Une ChiChi aux gros nichons, dont le seul rôle est de faire "hihihi" avec un air qui rappelle une parodie de Mozinor.
-Un Tortue Géniale qui a perdu 120 ans, son nom, sa barbe, sa carapace, son île et sa personnalité (il osera à peine toucher la cuisse-habillée-de Bulma...)
-Un Yamcha catcheur décoloré parfaitement stupide.
-Un Piccolo qui rappelle furieusement Fantomas, par son jeu d'acteur merveilleusement expressif.- "Je vais détruire le monde, ha, ha, ha." - flanqué d'une assistante sexy-vinyle qui n'est là que pour s'agiter vainement dans tous les sens. On se rappelle avec émotion des méchants des Power Rangers, et on les regrette presque.
-Un KaméHaméHa lamentable, avec une position tecktonik ridicule.
-Pas de dinosaures, pas de mutants-animaux, pas de Oolon, pas de Krilin.

Chaque personnage a ainsi été délicatement passé à la lessiveuse grand format, avec javel. A les voir tous dépossédés de leur look, de leur caractère et de leur nom, on se demande, désespéré, quand et comment va finir ce long clip façon Matrix cheap, saturé par des filtres vidéo tous plus laids les uns que les autres, et bourré d'effets spéciaux lamentables (monstres bien gluants, beaux éboulements de rochers en polystyrène, explosions "After Effects pour les Nuls", page 45). Le grand final achève l'histoire autant que notre moral, avec un méchant qui tombe très loin et les gentils qui font le voeu de ressuciter Tortue Géniale mort on ne sait même pas comment.

Nos oreilles finissent de fondre avec un générique J-pop agressif et toujours auréolé de flammes 3d hideuses. Si on a le courage de tenir quelques minutes, ou si l'on est trop scotché par le choc moral pour décoller son cul du siège, on peut assister à une scène post-générique qui enfonce encore le clou, si jamais c'était nécessaire, avec une geisha du pauvre soignant un Piccolo toujours en pâte d'amandes, qui regarde la caméra avec une non-expression censée dire "I'll be back". Là normalement, soit vous fondrez en larmes, soit vous éteindrez votre lecteur dvd en vous demandant ce qu'il reste de très fort dans votre mini-bar.


Note finale : 0/10
On en reste pantois, frémissant de perplexité rageuse.
La seule question qu'il nous reste est "Pourquoi ?"
Pourquoi avoir PAYE une licence, pour dégrader à ce point l'oeuvre originale ? Pourquoi avoir changé les personnages charismatiques en carpes béant devant une absence totale de scénario ?

Oublier cette horreur sera difficile, mais avec suffisamment de volonté et de vodka...
En ce qui me concerne, je n'avais pas ressenti de telle déception et colère depuis "Donjons et Dragons". Je sacrerais ces deux-là sur la même première marche du podium :
"Worst Movie Ever".
A bon entendeur.



La Comtesse (2009)

"La comtesse" (The Countess), 2009, de et avec Julie Delpy.



Un film sur la comtesse Bathory ! Chouette !... ou... au secours ?

Deux avertissements de base :
- Il y a des libertés prises avec l'histoire telle que nous la connaissons.
Inutile donc d'aller voir ce film si vous voulez resté collé à LA légende.
- Ce film n'est pas un blockbuster, pas un film d'action, pas un film de vampires.
Pas ou peu de cuir, de capes, de crocs, d'effets spéciaux.

On est surpris dès le début par le style LENT de ce film. Une histoire si violente adaptée avec la froideur opaque d'un brouillard de Varsovie, ça surprend.
On sait d'emblée qu'on va taper dans le film d'ambiance, psychologique, voire cérébral.
Ca m'a évoqué "Barry Lyndon" ou encore "Le Parfum" pour certains aspects.
Autant vous dire que si vous vouliez de la tripe et de la giclure, vous serez déçus.

L'histoire est bien montée, des premiers signes de regrets de sa jeunesse à sa folie toute en retenue, cette Comtesse glaciale ne manque pas de charme. Certaines scènes sont menées avec brio (plans et contreplans du bal...), d'autres, un peu vieillotes (la pyramide de morts sur laquelle trône le Comte est plus ridicule qu'autre chose). Mais l'image est impeccable, des tons de gris tristes des pays de l'Est en guerre contre les Turcs aux mélanges mordorés des scènes d'amour.
Peu de sang, donc, mais on en a pour son argent. Les tortures sont montrées crescendo avec finesse, presque raffinement.

Au final, on garde une impression froide de brouillard d'hiver, quand tout a un écho ralenti.
Une biographie en teinte de gris, de la pierre à l'acier. Une longue marche vers la folie furieuse, jusqu'à la déchéance.
J'ai apprécié la mise en avant du contexte politique, les manipulations, et les interrogations sur la véracité des rumeurs. J'ai aimé cette description d'une société patriarcale agacée par la fortune d'une femme, et la facilité des accusations morbides pour reprendre ses terres.
On en sort avec l'envie de se documenter plus avant, car cette biographie très réaliste laisse des questions en suspens.

Ce film n'est clairement pas "fun". Pour ma part, la bande-annonce m'avait paru chiante, ça a donc été une bonne surprise. Le problème, c'est que ce genre d'opus peu accessible ne se voit qu'au cinéma, difficile à partager entre amis ou en famille, tant son ambiance est lourde et solennelle.

Je reste donc un peu sur ma faim d'amatrice de films moins sérieux et plus légers, et j'espère qu'un de ces jours, Hollywood nous sortira un "Bloody Bathory" avec du vinyle, des clous, et Blade. Ou un truc du genre, qu'on rigole un peu.

Note finale : 8/10

Un très beau film tout en finesse et réalisme, avec des personnages aussi délicats qu'attachants, malgré leurs failles. Une comtesse digne des légendes et des gravures...
Au bout du compte, même si ce n'est pas un film simple à appréhender, cela reste une belle œuvre comme on aimerait en voir plus souvent au cinéma, surtout Français.